Êtes - vous remboursé par la mutuelle ?
Oui.
Les mutuelles offrent des remboursements à condition de vous présenter à la première séance avec une prescription médicale.
La prescription est datée en "amont" des séances de psychomotricité.
Pourquoi suivre cet accompagnement ? En quoi ça m’aiderait ?
Cela peut vous permettre de passer le relais, vous offrir un temps d'arrêt pour prendre de la distance et permettre à l'enfant d'être accompagné quand vous perdez patience, quand vous n'en voyez plus "le bout".
L'enfant cherche à plaire à son parent, à être celui que l'on attend. Toutefois, s'il n'y arrive pas, l'insécurité monte et les comportements perturbateurs s'intensifient. Le cercle vicieux s'enclenche.
Dans certaines situations, la famille a connu des remouds qui ont mis l'enfant en difficulté. Dans d'autres situations, rien en apparence ne semble justifie le séisme qui s'empare de la famille. Quoiqu'il en soit, l'enfant appelle et lui offrir des séances de psychomotricité revient à lui dire : "Je t'entends et je me mets en mouvement avec toi pour t'aider". C'est, à mon sens, un acte d'amour.
Pourquoi j'hésite à vous appeler ?
Peut-être parce qu'il n'y a aucune promesse de réussite. Ou plutôt aucune promesse de réussite immédiate.
Le comportement de l'enfant est induit par tant de facteurs : grandir fait peur, aller à l'école est source d'insécurité en tout genre, l'enfant porte des mémoires transgénérationnelles, il est dans une immaturité émotionnelle biologique.
Alors que faire ? Attendre que ça passe ? Soutenir son développement psychomoteur avec douceur, empathie et joie ?
L'enfant n'a pas d'enjeu avec le psychomotricien. Il lui est alors possible d'oser de nouveaux comportements, d'oser des émotions, des rôles, des attitudes qui peuvent enrichir son rapport au monde. Avec le parent et la manière dont il s'est construit face à lui, c'est plus complexe. De la même manière en ce qui concerne l'école qui, par définition, a des attentes envers lui.
L'espace psychomoteur est véritablement un lieu d'expression et d'exploration, qui cherche à se défaire des attentes normées, compétitives et de toutes formes de comparaison.
Combien de temps faudra-t-il pour se sentir mieux ?
Pour certaines familles, un cycle sera déclencheur d'une nouvelle compréhension. La famille s'apaise et poursuit sa route. Parfois avec un retour l'année suivante, pour un second cycle.
Fréquemment, la famille s'engage sur deux ou trois cycles. C'est ce qui me semble le mieux pour permettre d'ancrer les apprentissages, de les installer "en soi".
Dans certaines situations, l'accompagnement se passe sur une année ou deux. Les rencontres s'inscrivent alors dans la durée. L'enfant vit alors la joie de retrouver l'espace et tout ce qu'il représente pour lui.
Quel est votre caractère ?
De nature curieuse, sportive et dynamique, j’aime aussi lire et contempler.
On dit de moi que je suis douce, attentive, rieuse, joueuse, audacieuse. Mais pas que !
Je suis un humain. Je suis donc composée de 1000 couleurs. Mon souhait est de développer ma capacité à incarner le plus de facettes de moi-même et d'inviter l'enfant à faire de même.
Ma force ? Une capacité à entrer en relation avec l'enfant à travers son jeu et la possibilité de regarder le système familiale avec distance. Face à votre enfant, je n'ai pas le "nez dans le guidon". Jouer avec lui, vous rencontrer, faire des liens, offrir de la respiration. De toute évidence, je ne suis pas la maman de votre enfant. Ses comportements ne m'activent pas comme peuvent m'activer les comportements de mes propres enfants. Je suis donc beaucoup plus "libre" d'agir.
Qu'est-ce qui vous distingue des autres thérapeutes ?
Je dirais pour commencer que chaque thérapeute a une couleur qui lui est propre, un rapport au monde singulier, un regard sur la vie liée à son histoire. Nous nous distinguons tous.
Mon souhait est que chaque famille trouve le thérapeute qui le comprendra le mieux, qui offrira à son enfant et à eux-mêmes ce dont ils ont besoin, leur permettant d'aller là où ils ne parviennent pas à aller seuls.
Ce qui me semble essentiel et peut-être me distingue est mon désir de remettre de l'amour là où il a manqué, d'autoriser les parents à remettre du cadre sans craindre d'étouffer leur enfant. Je suis touchée par les parents désireux d'être des bons parents et qui sont complètement dépassés par la situation. Si je devais résumer mon travail, je dirais que c'est une invitation à calmer le système nerveux, respirer, remettre de l'amour, du rire, de la joie, s'autoriser à mettre du cadre et bien sûr mettre en lumière les incohérences familiales dans lesquelles l'enfant, par désir de cohérence, s'engouffre et se perd.
Pourquoi avez-vous choisi de devenir psychomotricienne ?
J'avais envie de comprendre l'enfant et de le rencontrer sans le mental, de manière plus intuitive. Durant mes études, j'ai été émerveillée de tout ce qui se passe lorsqu'on joue avec l'enfant. Parce qu'il est dans du plaisir, il est pleinement engagé, là, présent. J'ai été touchée de sentir que j'avais beaucoup de plaisir à être avec l'enfant dans cette tonalité-là et heureuse d'imaginer une capacité d'aider les enfants à grandir de manière joyeuse.
Je suis touchée à l'idée que l'enfant porte en lui tant de richesses et que, pour certains d'entre eux, ils en perdent l'accès. Mon souhait est d'œuvrer à ce qu'ils restent en lien avec leur singularité, qu'ils "organisent" les compétences pour grandir dans le monde et devenir des adultes "debout" et heureux d'être là.
Pourquoi avez-vous choisi de devenir thérapeute pour adultes ?
J’ai l’impression de ne pas l’avoir tant choisi. Ma maman était gardienne ONE. J'ai donc grandi entourée d'enfants. La vie, créative et surprenante comme souvent, a mis sur ma route la formation de psychomotricité relationnelle. Et, curieuse, j'ai ouvert la porte...