L’enfant "hyper" et sa fratrie : comment être équitable ?
Le parent porte en lui le désir d’être juste avec ses enfants. Mais comment faire lorsque nos enfants n’ont particulièrement pas les mêmes besoins ?
Il est fréquent que l’enfant « hors case » souffre de sa différence jusqu’au moment où il est compris et accompagné. Les mots, la compréhension qui lui sont offerts apportent de la douceur là où elle a manqué. L’enfant a traversé de longs mois, années dans la lecture inconsciente que ce qu’il est n’est pas assez, n’est pas ce que l’on attend de lui, est décevant, source d’inquiétude. Le diagnostic apparait alors comme un soulagement pour lui et pour sa famille.
Mais que ce passe-t-il pour la fratrie ?
La fratrie demande aussi une attention particulière. Les frères et sœurs sont là, spectateur d’un théâtre parfois douloureux et inconfortable pour tous. Et, un beau jour, l’enfant « à problème » est celui qui reçoit toutes les attentions et soins (parfois très amusants) dont eux « qui vont bien » n’ont pas accès.
"lors comment les accompagner au mieux ? Comment reconnaître que le chemin a été complexe « pour tout le monde » ?
Probablement avec humilité, douceur et empathie. Et sûrement dans l’acceptation qu’être juste, équitable est impossible. C’est un état vers lequel on tend, avec, si possible, l’autorisation à l’erreur et à l’expérience.
Je nous souhaite, pour sortir de cette voie sans issue, d’être des familles où la communication est possible, où poser des mots est source de réconfort et d’accueil et où la limite de chacun peut être entendue. Car un parent qui ne respecterait pas sa limite perd progressivement sa capacité d’être parent (être présent, là, soutenant, à l’écoute) pour chacun de ses enfants.
Alors, nous, parents, soyons doux avec nous-mêmes, soyons à l’écoute des besoins de chacun de nos enfants même si nous ne pouvons pas y répondre… aujourd’hui. Si le temps devient notre ami, si nous sortons de l’urgence, peut-être aurons-nous plus de facilité à être parent, dans le respect que nous ne sommes pas que parents. Nous sommes aussi conjoint.e, collègue, ami.e, … Et lorsque nous parvenons à laisser vivre toutes ces parts en nous, un équilibre apparait, doucement, délicatement. C’est un chemin, bien sûr.
Et puis, pensons à remercier chacun de nos enfants pour la beauté qu’ils offrent à notre famille, à partir de qui ils sont, ni trop, ni trop peu. Trop quoi, déjà ?
Avec l’envie de soutenir les familles en chahut,
Véronique Honlet, psychomotricienne, 13 01 25