Les jeunes, la publicité et notre porte-feuille
Qu’en est-il de la publicité ?
A mon sens, une manière efficace de vendre n’est plus de s’adresser aux adultes (qui ont un budget à gérer) mais plutôt de s’adresser aux jeunes qui vont rendre la vie de leurs parents insupportables pour accéder à l’objet convoité. Si on veut sortir du bras de fer avec la société de consommation qui entre dans nos maisons par l’intermédiaire des médias que regardent nos enfants, il va falloir les accompagner. Mais comment ?
Je n’ai pas de recette toute faite. Mais, de là où j’en suis, je dirais qu’il est important pour commencer de sortir du tabou. Parler, parler, parler. Ou plutôt se questionner à voix haute. C’est une manière pour l’adolescent de comprendre toute la finesse qui se cache derrière nos comportements.
« Pourquoi le cadeau de tel personne peut aller jusqu’à 50€ alors que le cadeau pour tel personne ne pourra aller que jusque 30€ ? »
La question des loyautés, de la peur de décevoir, de l’envie de dire merci à travers l’objet, tout va devenir plus « lisible » pour l’enfant ou le jeune.
Ensuite, je dirais qu’il est important de permettre à l’enfant de faire ses expériences. L’argent de poche que je donne à mon enfant, je vais, dans un premier temps vérifier intérieurement si je lui donne une véritable autorisation pour qu'il le dépense à sa guise. Me mentir à moi-même va directement apparaitre et l’enfant le signalera. On va éviter ça. Dès que j’ai de la clarté et que je mets en place l’argent de poche (avec l’autorisation la plus large que je sens en moi et qui est aligné à mes valeurs), je vais permettre à l’enfant d’explorer sa capacité de gérer son argent, dans le cadre annoncé.
Attention !! Quel que soit le budget que je vais donner à l’enfant, il sera limité. Il est donc important que l’enfant fasse l’expérience de cette limite, de la frustration qu’elle engendre et qu’il apprenne à modifier ses comportements en fonction de ses propres expériences, s'il le souhaite. Tout dépenser et se restreindre jusqu'à la fin du mois peut être une "stratégie" qui le concerne.
Et puis (et j’aurais pu commencer par là), je fais le travail intérieur d’être un parent aimant et frustrant – décevant. Et j’apprends à tenir mes « oui » et mes « non ». Et là, c’est l’endroit le plus puissant et le plus délicat. L’argent (l’objet) vient parfois en compensation du manque de temps (par exemple) que j’offre à mon enfant, en référence au « bon parent » que j’avais envie d’être.
Alors comment faire pour être doux avec soi (tenir les finances d’un foyer, ce n’est pas rien) et doux avec ses enfants (répondre à ses désirs, son besoin d’appartenance, qui passe souvent par les vêtements, quand vient le temps de l’adolescence) ?
Toute une route à parcourir, loin des règles toutes faites et des « solutions en 3 clics ». Développer ces compétences-là avec nos enfants est un art. Un art qui s’apprend, un art qui se découvre avec eux, un art qui se requestionne et s’ajuste, bien sûr.
Et chaque parent choisira le chemin le plus juste pour emmener son enfant dans la conscience de l'argent.
Véronique 21/12/24