Que dire à un enfant HP/hypersensible ?

Pour éviter toute confusion, la réponse à cette question est, pour moi, valable pour tous les enfants. La seule différence pour l’enfant HP est l’impact que notre réponse aura sur lui.

Je m’explique.

L’enfant HP (HP émotionnel en tout cas) a une grande capacité à sentir l’autre, à l’écouter au-delà des mots. Je me rappelle mon enfant me dire : « Tu pleures maman ? », alors qu’il avait le dos tourné. Ma réponse avait été : « Je ne pleure pas avec des larmes mais je suis triste, c’est vrai ».

J’étais touchée par sa capacité à sentir mon état intérieur, sans me regarder, juste à sentir mon énergie ou à entendre ma voix, moi qui étais derrière lui. Ce jour-là, j’ai mesuré combien j’avais la possibilité de l’aider à faire confiance à sa « boussole intérieur », le rassurer sur « ce que tu sens est juste ». J’ai mesuré combien il devait être rassurant pour un enfant de faire l’expérience que « ce qu’il entend » (les mots des adultes = l’autre) est identique à « ce qu’il sent » (sa perception de notre état intérieur = lui). Si le verbal et le non verbal sont en cohérence, alors l’enfant est rassuré : il sait qu’il peut se faire confiance.

 

Nous sommes parfois tentés de rassurer l’enfant en lui disant « tout va bien », « je vais bien », « non, non pas du tout, je suis très heureuse de … ». Mais l’enfant (et particulièrement l’enfant HP/hypersensible) est plutôt rassuré par ce qui « sonne juste » en lui, ce qui est « sans torsion ». Un parent qui pleure n’est pas inquiétant. Ce qui est inquiétant, c’est un parent inquiet de pleurer devant son enfant. « Maman cache sa tristesse », « Maman est inquiète », « Pourquoi ? Est-ce mal d’être triste ? » Voilà ce qui insécurise l’enfant.

L’idée n’est pas de laisser couler « les fontaines » à flot en leur présence. Si l’enfant vient à nous avec toute sa joie, c’est probablement une invitation pour retourner dans la vie, dans la joie de l’instant présent (dont l’enfant est un enseignant hors pair !!). Mais si l’émotion s’invite, se laisser toucher est aussi une manière de dire à l’enfant qu’être triste est autorisé, que les émotions peuvent être vécues et qu’elles ne sont pas dangereuses.

Petit rappel ? L’enfant nous écoute peu. Il nous observe.

Véronique Honlet, psychomotricienne, le 13 01 25