L'éducation financière de nos enfants
Il me semble évident aujourd’hui que nous ne sommes pas éduqués à l’argent. Nous sommes éduqués aux comportements alimentaires, idéalement, aux comportements relationnels. Nous avons des connaissances en cuisine, mathématique, conduite automobile, … Mais peu de connaissance sur l’argent avant l’âge d’y être pleinement confronté, sans vraiment y être préparé.
Dans la plupart des familles, la circulation de l’argent est cachée. L’enfant ne sait pas à combien s’élève le salaire de ses parents. Il comprend que ses demandes sont excessives en fonction des réactions de ses parents lorsqu’il fait une demande. « Tu crois que l’argent tombe du ciel ? » devient alors un indicateur de ce qui est possible ou non de recevoir. Comme la règle n’est pas claire, parfois il reçoit un « oui » inattendu, parfois un « non » décevant. Il retente souvent sa chance plusieurs fois.
Je crois important, dans l’éducation financière que nous offrons à nos enfants, de leur expliquer l’endroit de compréhension auquel nous sommes arrivés dans la conscience que c’est une étape, que le chemin n’est pas fini. Il est précieux, me semble-t-il, est de leur expliquer pourquoi on est arrivé à telle ou telle conclusion, le sens de nos démarches et décisions. L’idée est que l’enfant puisse s’enrichir de nos compréhensions et tester les siennes, de manière éclairée (à travers l’argent de poche par exemple).
« Mon plafond est ton plancher », disait Laurent Marchant en s’adressant à son fils. Une autre manière de le dire est : « J’ai été jusque-là, tu peux continuer la route ». Nous avons tous fait l’expérience d’aller là où nos parents nous avaient dit de ne pas aller et nous en sommes sortis grandis, parfois cabossés, mais grandis. Alors comment offrir de l’éclairage à nos enfants, sans les enfermer dans nos torsions, tout en leur permettant d’explorer autrement (s’ils le désirent) leur relation à l’argent ?
A creuser, je dirais.
Véronique Honlet, 21/12/24