La difficulté pour un parent de ne pas être compris
Dans le chemin de détection, que ce soit vers le HP, les troubles des apprentissages ou le TSA, le point commun pour beaucoup de parents est la difficulté de ne pas être au compris.
A mon sens, au tout début, c’est bien souvent le parent qui détecte que « quelque chose ne va pas ». Or, dès que le parent tente d’en parler, il va évoquer l’enfant qui ne « gère » pas ses émotions, qui s’oppose de manière vive et forte, qui est fragilisé à la moindre remarque, qui ne se fait pas facilement des amis, qui entre difficilement dans les apprentissages scolaires, ...
Les retours trop souvent reçus de l’entourage ressemblent souvent à une tentative de rassurer le parent : « C’est normal, c’est l’âge, ça viendra ». Le parent est parfois démuni dans sa capacité de mettre en mots ce « je-ne-sais-quoi » qui fait que tous ces comportements propres à l’enfance sonnent différemment.
Si les parents ont déjà eu un premier enfant, cela leur permet de comparer et de mesurer que le comportement décrit est, en effet, propre à l’enfance mais que l’intensité du comportement et la dévastation qu’il opère en lui (et parfois dans la famille) est hors norme et mérite une attention particulière. Mais cela ne change parfois rien. Le souhait inconscient qu’il n’y ait pas de problème l’emporte bien souvent. Et le parent reste seul, parfois un peu trop longtemps, face à une énigme qu’il ne peut résoudre.
Dans d’autres situations, c’est l’environnement qui se manifeste. Le parent n’ayant pas de point de comparaison et, souvent aux prises avec un sentiment de culpabilité, ne manifeste pas son désarroi. C’est alors l’entourage qui prend l’initiative d’informer le parent que l’enfant présente des comportements qui invitent à un temps d’arrêt.
De toute évidence, être parent est naturellement un challenge. Et être parent d’un enfant hyper (hyper sensible, hyper lent, hyper maladroit, hyper en repli, hyper en relation, …) est un grand défi dans une société qui promeut encore trop souvent la norme.
Une bonne nouvelle ? La détection, de plus en plus fréquente, d’enfants dont la structure interne est « atypique » met en avant que le mot « norme » ne veut plus dire grand-chose. Ensemble, nous mettons en avant que ce n’est plus aux enfants à s’adapter aux structures. Mais c’est aux structures, aux enfants et à leur famille de collaborer pour un meilleur « vivre ensemble » et un enrichissement réciproque, bénéfique pour Tous.
Avec le souhait d’apporter de l’éclairage,
Véronique Honlet, psychomotricienne, 13 01 25